Exposition du 5 avril au 30 septembre 2025 au muséum d’histoire naturelle d’Autun.
En peignant ces Marguerites en très grand format, sur un fond neutre qui les magnifie, Odilon Redon nous invite à observer avec un œil neuf ces fleurs si banales. La famille de cette plante vivace et abondante existe depuis plusieurs millions d’années et le terme « marguerite » regroupe en réalité une multitude d’espèces, qui n’ont cessé d’évoluer et de s’hybrider au cours des temps géologiques. Au-delà de l’espèce représentée, ce tableau quelque peu énigmatique nous invite à réfléchir au rapport que l’homme entretient avec le vivant, de son désir immémorial d’en conserver la trace aux angoisses très actuelles que suscitent les extinctions annoncées.
Les collections du muséum d’Histoire naturelle et du musée Rolin d’Autun, réunies autour de l’œuvre d’Odilon Redon, alimenteront cette réflexion. Fossiles du Carbonifère, planches botaniques et herbiers sont autant de sources dont nous disposons pour comprendre l’évolution de la biodiversité et du climat. Ces traces naturelles ont aussi une dimension esthétique évidente, qui les rapproche de l’art. Les planches botaniques, notamment, magnifient des spécimens en les isolant artificiellement de leur contexte : de nombreuses œuvres d’art explorent cette approche. Par ailleurs, si herbiers et fossiles nous livrent les vestiges d’un vivant désormais mort et figé, l’art traduit une certaine obsession de l’homme à capter le vivant dans ses manifestations les plus éphémères, en saisissant fleurs et insectes à l’apogée de leur brève existence. Derrière les représentations paisibles et séduisantes que nous inspire la flore dans toute sa diversité, se joue la grande question de notre place au sein de la biodiversité, par le biais du concept de « nature ». Sur ce miroir idéal s’incarnent les multiples facettes d’un changement climatique qui pose cruellement la question de notre capacité à en limiter les effets.
Traces naturelles
Les biodiversités passées traversent le temps grâce au processus de fossilisation, phénomène aussi exceptionnel que limité dans le temps. La présentation de fossiles, principalement du Carbonifère, permet de témoigner de cette biodoiversité auhjourd’hui disparue, mais figée dans le sédiment.
Cataloguer le vivant
Le XVIIIe siècle est le siècle de l’essor de la classification du vivant. Les scientifiques, alimentés de spécimens grace aux explorations à travers le monde, cherchent à décrire et classer les espèces et à les conserver grâce à des méthodes variées : illustrations, herbiers, puis, avec le temps et l’évolution des technologies, l’utilisation de la photographie.
Reflets d’un monde qui change
Le réchauffement climatique est à l’œuvre. La faune et la flore sont menacées et réagissent aux changements environnementaux. La flore n’a d’autres moyens que de migrer vers des zones plus septentrionales et des régions plus élevées en altitude. Localement, certaines espèces se raréfient ou disparaissent tandis que d’autres gagnent du terrain.
Explorations artistiques
De tous temps, les artistes se sont emparés des motifs floraux dans le but de saisir l’éphémère, notamment dans les natures mortes pour capter ce qui ne dure pas. Les artistes contemporains continuent de s’inspirer de la flore pour créer des œuvres tout aussi empreintes de poésie végétale.
Ateliers, visites et conférences seront proposés au public pour approfondir les sujets abordés par l’exposition, au croisement des sciences et des arts, avec la participation d’artistes et de botanistes :